dimanche 14 juillet 2013

Déclaration d'antan


Comment te dire, amour, comment rompre le rang
Quand ton corps est brûlant je ne suis rien qu’humaine
Je ne peux m’assagir à la raison d’antan
Je ne peux me résoudre à errer dans le temps
Elles sont mortes au-delà les vierges languides
Moi je suis femme de toute ma chair de tout mon sang
Mais où sont les mots capables de dire
Le cœur de mon délire la vigne de mon tourment
J’aurais voulu t’aimer à délier la chaîne
Des années mortes mains clouées au destin
T’aimer quand se sont tues les chaînes
Et les bonimenteurs aux croisées des chemins
T’aimer à ciel ouvert à chaque plainte du vent
Tes yeux noyés offerts à la lueur du serment
T’aimer à livre ouvert à la recherche des mots perdus
Celui qui est mon souffle crée mon vocabulaire
Croire que le temps d’amour a été découvert
Et que je peux te dire qu’il ne neigera plus

samedi 29 juin 2013

Ordure




Dans ma décharge personnelle
J’escalade les touches fracassées
De sa vieille machine mécanique
Où il a englouti
Mes poubelles de mots graves
Les métaux lourds du cœur
Mes déchets poétiques
Ses serments au rebut
Mon poids d’amour
Il m’a laissé sa boue
L’ordure


       



mardi 25 juin 2013

Ménade de jadis




Lénaï mes amies
Qui dansiez en moi
Vos voix ne disent plus le vin
Vos transes agonisent
Bras et jambes étiques
Maintenant
Je pousse tristement vos fauteuils
De fer
Grinçants
Dans mon crâne
Qui crisse
De ses fractures
Débris
Oenochoés brisées
C’en est fini
De l’élan orgiastique


dimanche 23 juin 2013

Homme creux




Un jour pelé s’extirpe
Gris comme mille façades
Les oiseaux s’agonissent
De refrains mécaniques
Mes draps se sont pendus
A des cintres ruisselants
Et le printemps dégénéré
Sur ses pantoufles
Ne brille plus

lundi 17 juin 2013

Autre Joachim



les Muses sont tes maîtresses
quand
la croix de tes bras
creuse de larmes
ton lit béant

lundi 10 juin 2013

Chirurgie



Cœur étoilé
Cœur crevassé
Cœur cinabre
A mes eaux mêlés
Qui teintent mes jours
D’un sang mort
Délavé
Assassiné 

jeudi 6 juin 2013

Eaux mortes



Les saules les saules au long du bras croupi
Ne saluent plus à mon passage
Leurs gluants tentacules
Garrottent mon cœur jamais sage
Les langues coupantes des roseaux
M’ensevelissent de quolibets
Si grotesque la dévoyée errante
Sans nul point d’ancrage
Qui cherche dans la vase à goût d’huître
Les signes du destin
Ses yeux plongés dans la fange
Des passés aux ogives incertaines
Les bouleaux malveillants lui font des croche-pieds
Dédaigneux ils ne veulent pas la voir
Se relever
- Les bords de ce bras moribond
N’ont plus rien à te dire
Naïve qui crois qu’encore tu as ta place
En ce monde où personne ne t’attend
Va t’en
Enjambe le parapet qui ne désire que ça
Il est à court d’âme ces temps-ci -