mercredi 23 octobre 2013

Cri




Montent du fond de ma mémoire
Comme libérés
Des mots leur ergastule
Des clichés éclatants
Sans paroles
Qui disent toujours tout

mercredi 9 octobre 2013

Octobre couperet




jamais tu ne t’étonnes
de mon ombre attentive
des miettes que je sème
pour toi
seul
non
jamais

AILLEURS

tu voles vers ton phare
indistinct
toi tu crois
encore
aux
lendemains

dimanche 6 octobre 2013

Sans Faria




Le sang n’a pas cessé de grésiller
Et les imprécations
Ont rebondi contre tous mes murs
Clos
Cheville vaporisée
Sur les larmes du cachot
Je me consume
Sous la couverture acide
Du chagrin

dimanche 29 septembre 2013

Coupable logorrhée



Quand j’ai épuisé les mots
Le silence m’enserre de ses anneaux plombés
Les murs mutiques m’accusent de mille maux
Le verbe s’est avalé
Et mes mains te cherchent à l’aveugle
Ta peau n’est jamais taciturne
Dans le fracas du désir
Mon amour hurle

dimanche 22 septembre 2013

Houle



Vents et marées
Naufrages zinzolins
Algues épouvantées
Goélands mutants
Bigorneaux en armée
Tsunami

Mon cœur est un isthme

mardi 17 septembre 2013

Guerrière




Même si le ciel grésille
Même si les rires m’atteignent
Comme des pierres
Ils ont beau dire
Ils ont beau plaindre
Projectiles sur mes étagères
Comme trophées
Même s’ils parlent
Dur
J’arbore crânement
Bouclier
Ton alliance à mon doigt

dimanche 8 septembre 2013

Promesses



Tu avais dit que tu m’emmènerais à Carthage
Sur les chemins entre les colonnes de pierre
Tes pas auraient été dans les miens
Sous la lune plus extasiée
Nous ne nous serions pas perdus
Et les parfums mêlés des jardins rêvés d’Hamilcar
Auraient été autant de vaisseaux
Vers cet ailleurs désiré
Qui tant me manque
Tu avais dit qu’il y aurait Carthage pour toi et moi
Et sur l’autel nous aurions juré
Comme Hannibal
Juré d’être toujours amis
Jamais ennemis
Liés
De Rome nous n’aurions rien dit
Mais toi tu avais dit nous tu avais dit Carthage
Maintenant
De Carthage il ne reste que fragments
Poussières
Mer stérile sous un ciel immuable
Sans odeur
Vent salé comme des larmes
Ruines
Ruines
Ruines
Qui ne disent plus rien
Et moi
Vieille Didon
Sur son bûcher
Ensanglantée