dimanche 29 décembre 2013

Errance nocturne




Chaque pas que je fais
Dans les rues de ma ville
Tatoue sur les trottoirs
Les places les chaussées
Ma mémoire pointilleuse
Qui marche à pas chassés
Et fuit les regards torves
Des passants éclopés
Des mots
Impotents auxquels jamais il ne dit
Ces folies éphémères
Dans nos rues dans les nuits
A leur insu
Mes souvenirs
Sont trésors
Que j’imprime le soir
Sur les places les chaussées les trottoirs



lundi 23 décembre 2013

Ame vagabonde




Singulière
Toujours
Dans les rues solitaires
A travers
La nuit esseulée
Je promène
Des souvenirs bicéphales



samedi 21 décembre 2013

"Au bas d'un parchemin"



                                                                                                    ubi tu Gaius ibi ego Gaia


Ces mots toujours jurés
Que tu avais écrits

Que secret murmuré
Jamais ne se dérobe

Que l’ombre désirée
Jamais ne se décloue

Que désir partagé
Jamais ne se délite

Que les corps enlacés
Jamais ne se délient

Que l’amour déclaré
Jamais ne se défausse

Que l’âme pénétrée
Jamais ne se dérobe

Que parole donnée
Jamais ne se dédise

Ces mots en moi gravés
Que tu as reniés



mardi 10 décembre 2013

Conte urbain



L’immeuble au square dormant
Qui a éteint même le bruit
Ogre assoupi
Pourfendu
Par le peuple des pigeons
A la gorge coupée
Le murmure seul
De leurs ailes furtives
Dit la vie
Face à la vilenie
Du gros corps pollué

lundi 9 décembre 2013

Sombre clameur



Arbre figé
Derrière l’écran
De la fenêtre
Cadavres alentour
Pieds érigés
Chaises abandonnées
De la classe
Les radiateurs grondent
Leur chant morose
Murs désespérés
De gris
Enfer sidéral
Mal luné
De l’école
Les mots perdent leur sens
La poésie s’est pendue
Tout
est
statufié
Sauf
L’intolérable
L’insupportable
Le détestable

Tintamarre


mercredi 27 novembre 2013

Sultan



Ce goût de sérail
Que tu traînes à ta suite
Me perd
Me pend
A ta désinvolture
Je suffoque
Tu as mon regard dans ton ventre
Et tu le serres à pleines mains
Tu m’as liée à ton odeur
A ton silence
Emprisonnée dans le sillon de tes yeux
Autant de chaînes à mes chevilles
Ensanglantées

dimanche 17 novembre 2013

Jadis


Et si ton rêve était éternité ?
Tu brises l’espace
Comme tu traverses
Mes songes
Elles dansent
Les dames du temps jadis
Tu virevoltes
Nuit après nuit
Roland hardi
Le souffle épique
Des chevaliers de France
Depuis longtemps
N’a plus frémi
Mais sous la lune
Toi tu danses
Parmi les tombes
Où la bruyère fleurit
Il s’effrite lent
Le temps
Tombent les neiges d’antan
Sur les arbres aux cerises
Pétrifiées
Eurydice nue
Je suis jetée
Du haut du rêve
Toi tu danses et danses
A tes pieds
Lié
Le fil d’Ariane
Du lierre
Mes amarres mon passé
L’espace
Brisé resserré
Sur ton passage
Même quand j’ouvre les yeux
Tu danses et danses
Hors vie hors réalité
Tu danses
Rêve diurne
Fatalité