samedi 17 septembre 2016

Loin septembre, 17


Été déconfit agonie.
L’automne ne m’aime plus.
Été fini de rire d’étendre sur la peau ses plumes chauffées à blanc.
La pluie dilue matins en peignoirs de deuil. Maléfices étendus aux confins des saisons.
L’automne ne m’aime plus. Mes os, disloqués. Un rouge-gorge blessé s’est réfugié entre mes épaules. De son bec obstiné gratte de mon crâne les parois.
Évadés d’une étique forêt les cercles magiques de champignons hantés enserrent mes genoux. Prennent vigueur à chaque pas.
L’automne ne m’aime plus. Il ricane aux bourgeons mort-nés de mon cœur, à l’autre printemps gelés. Gisent dans la boue d’un jardin oublié.
Si faibles mes pieds recroquevillés sur un mouton nu.
J’ai beau j’ai beau me laisser aller en l’odeur érotique des feuilles pourrissantes l’automne ne m’aime plus.
Il aime ailleurs.



samedi 19 mars 2016

mardi 23 février 2016

Évadée




Partir sans rêve
Sur des mots de fortune
Et aborder une île
Qui donnerait corps
A nos songes
    

 

dimanche 14 février 2016

Tordu chemin




Mon chemin est bordé d’orties et de plants de ciguë.
Je me tords les chevilles dans chacun de ses trous.
Nids-de-poule. Fissures. Crevasses. Pierres acérées.
Et trébucher à chaque pas.
Si souvent je suis tombée.
En vain je cherche une main à laquelle m’accrocher.
Je me relève honteuse. Moquée. Un peu plus abîmée.

Avec toi je le sais je faisais la route à genoux. Meurtrie. Usée.

Mais l’espoir en bandoulière.

C’est maintenant que je me sens misérable.

Avec toi, vaincue, mais le cœur palpitant et l’âme en étendard.
Avec toi, ma vie rectiligne, quoique dépendante de toute aspérité de toutes tes fugues, de toute dépression de tes errances perpétuelles.

Il ne reste que mes ecchymoses. Tatouées. Gravées.

Étendue, blessée, abattue, je les regarde me narguer.
Indifférents. Ne me voient pas crever.

Mon chemin est empoisonné.
Parsemé de souvenirs jaseurs. De serments moqueurs. D’aveux tronqués.

Mes pieds ensanglantés ont l’innocence incongrue
Des colchiques.



lundi 21 décembre 2015

Lectisterne sibyllin


                                                                                                           Ubi tu Gaius ibi ego Gaia


      Le jour opalescent déjà a déserté la chambre. Âmes cousues de fil blanc. Le serpent mordoré d’obscurcis souvenirs se dévore. Candeur désamorcée, je mourrai seule de ce dos qui s’éloigne.
      Jaillissement de stupeur. Je ne voulais pas pleurer. Océan où je tangue dangereusement, les larmes ont un goût d’algues. Dans ma bouche les miettes d’albâtre du passé, fragrances opiacées, aiguës, acérées. L’amertume du sang, l’absence, le défaut d’imagination…
      Personne ne me dira jamais. Par mes orbites excavées, la logorrhée de mon cœur céladon. Étaient-ce mensonges ? Souffle évanescent des mots de porcelaine. Elle n’osa pas le dire. Paupières décousues, elle n’osa pas le dire. Jamais on ne m’apprit.
      Qui, dans ces rades oubliées ? Battements affolés sous le regard diffus des quinquets. Vert aède endormi au pied de mes murailles. Apprends-moi. Dédaigne les sirènes à la langue fourchue, aux béantes muqueuses. L’ignorance insouciante, insidieuse belladone. Je veux bien musarder dans le silence. Je clouerai un bâillon sur les lèvres impatientes de cette enfance chimérique qui revient, et qui crie. Ne plus la laisser m’égarer.
      Quiet cavalier. Mains impavides. Tu mâches l’ivraie, j’avalerai avant toi. Entre nous le diable aux yeux garance. Nul ne le découvrira. Je me tuerai encore, nonobstant la face quinaude des saisons. La chambre striée, stryge au volet crucifiée, les ailes du lendemain lentement se déploient. Au gibet de mon mur l’ombre de nos cœurs nus se balance.
      La sanglante éclosion est toujours à venir.

vendredi 9 octobre 2015

Sans retour



Octobre
Cimetière
De feuilles éparses
Salies
D’anciens serments
Éternels
Qui bruissent
Sous la course
Éperdue
De ma mémoire
Fanée
Exhalant
L’acide parfum
De la fidèle
Amertume



jeudi 17 septembre 2015

Pluie


Dedans il pleut
Dehors il y a autant de larmes dans mes yeux
Miroir de moi devenue
Une mouvance de l’espace
Il m’élevait de toutes ses mains
Héroïne du romanesque
Celle dans les jours du volet
Le visage grave d’une mort du jeu
Maintenant il pleut
Reste l’image des draps épars
Ses doigts gravés dans mes épaules
Il m’aimait tout contre l’oreille
Souffles en minutes jumelles
Ô confidences des mémoires
Il pleut autant de larmes dans mes yeux
Secret miroir
Lui au loin
Moi je reste
A mon devoir
Derrière la fenêtre du premier regard
Lui au loin moi hors du livre
Dehors il pleut
Dedans il y a autant de larmes dans mes yeux