dimanche 29 septembre 2013

Coupable logorrhée



Quand j’ai épuisé les mots
Le silence m’enserre de ses anneaux plombés
Les murs mutiques m’accusent de mille maux
Le verbe s’est avalé
Et mes mains te cherchent à l’aveugle
Ta peau n’est jamais taciturne
Dans le fracas du désir
Mon amour hurle

dimanche 22 septembre 2013

Houle



Vents et marées
Naufrages zinzolins
Algues épouvantées
Goélands mutants
Bigorneaux en armée
Tsunami

Mon cœur est un isthme

mardi 17 septembre 2013

Guerrière




Même si le ciel grésille
Même si les rires m’atteignent
Comme des pierres
Ils ont beau dire
Ils ont beau plaindre
Projectiles sur mes étagères
Comme trophées
Même s’ils parlent
Dur
J’arbore crânement
Bouclier
Ton alliance à mon doigt

dimanche 8 septembre 2013

Promesses



Tu avais dit que tu m’emmènerais à Carthage
Sur les chemins entre les colonnes de pierre
Tes pas auraient été dans les miens
Sous la lune plus extasiée
Nous ne nous serions pas perdus
Et les parfums mêlés des jardins rêvés d’Hamilcar
Auraient été autant de vaisseaux
Vers cet ailleurs désiré
Qui tant me manque
Tu avais dit qu’il y aurait Carthage pour toi et moi
Et sur l’autel nous aurions juré
Comme Hannibal
Juré d’être toujours amis
Jamais ennemis
Liés
De Rome nous n’aurions rien dit
Mais toi tu avais dit nous tu avais dit Carthage
Maintenant
De Carthage il ne reste que fragments
Poussières
Mer stérile sous un ciel immuable
Sans odeur
Vent salé comme des larmes
Ruines
Ruines
Ruines
Qui ne disent plus rien
Et moi
Vieille Didon
Sur son bûcher
Ensanglantée

samedi 31 août 2013

Religion



J’ai avalé tes évangiles
Apocryphes
Mots
Que tu disais
Sans importance
Tout avalé
Ton chrisme tatoué
Sur chaque main
De nos mystères
Tu étais
L’Alpha
De nos mystères
Tu étais
L’Oméga
Et j’ai gravé des poissons aux queues déployées
Sur les cadavres de Bons Pasteurs oubliés
Et j’ai encore sauté
Du haut de ton Milvius
Toi en marche
Toujours devant
Je m’épuise à suivre
Mes messages cryptés
Qui me mènent au rien
Qui ne mènent à rien
Moi
Jamais parjure
Mais par toi
Reniée

dimanche 18 août 2013

Calendrier



Archonte
De ma lointaine cité
Toutes mes mortes années
Portent
Ton nom
Bien au-delà
De leurs masques
Tragiques

dimanche 4 août 2013

Cauchemar


La bouche bubonneuse d'un gras crépuscule
Bave boue et baisers, lèche corps et raison,
Tandis que de la nuit le puissant tentacule
Déchire du temps diurne le sage bâillon.

Dans la moiteur du soir, ton ombre noctambule
Dévore mon errance et ma morte-saison
Et ton crachat moqueur, qui ton sang m’inocule,
Laisse dans ton sillage un goût de trahison.

Prise dans tes ténèbres au rire indécent,
J’avale sans faillir ton poison insolent
Au mépris de mon âme au tréfonds pollué

Par ton fantôme blet que la lune distend :
Hécate est sans pitié pour le rêve pilé
De celle qui soupire, et écrit, et attend.