vendredi 14 février 2014

Nacarat



En ce temps-là les heures coulaient comme l’eau du rêve
Les lendemains avaient ce goût subtil de feuille nue
Dans ma tête chantaient des poètes nouveaux
Et les lunes croissantes jamais ne pleuraient
L’opale fêlée des jours malheureux
Février exposait ses délicats rameaux
Embryons de pétales
Sans cœurs ballons bouquets
Février sur des doigts embrassés
Comme un frêle duvet
Mutin
Symbole de promesses
Et de mêmes matins
Février n’égrenait nul
Pas solitaire
Le long d’une voie délaissée
Février frémissant
Avait l’éclat incarnat
D’un amour serti de grenats

dimanche 9 février 2014

Toxique



soigneusement refermer
le couvercle
des souvenirs
ne pas les laisser
s’échapper
pour encore
les remâcher
boulimie
d’eux
m’empoisonner
de leur suave saveur
botulique


lundi 27 janvier 2014

Sourire




Au creux de moi
Grand nénuphar
Aux feuilles fripées
Ton sourire
D’autrefois



dimanche 19 janvier 2014

Sac de noeuds


Tout ce que je croyais être
L’illusion
De ce que j’étais
Ficelle et bois
Entre tes mains
Habiles
Marionnettiste
Qui as disloqué
Mes membres factices
Les mots seuls
Étaient à moi
Que tu as volés
Répandus
Ventriloque
Tirant les fils
De la marionnette
Au cœur chiffon
Qui t’aimait
Désarticulée
A bout de mots
Sans soubresauts
Ni cabrioles
Ce que je suis
Sans
Maintenant


lundi 6 janvier 2014

Incurable




Il a bien fallu
Briser la chaîne
La détruire
A l’acide
Mes mains étaient vaines
Et mon cœur pillé
Malgré nos noms accolés
Moi aussi dissoute
Et toi pontifiant
Exultant
En héros
A le conscience bonne
Pourtant
Mes moignons têtus
Toujours se tendent
Déterminés
Bornés
Et t’offrent la sportule



mardi 31 décembre 2013

Moutons d'avant




Je comptais les battements
De ton cœur
N’en perdre aucun
Tous pour moi
Quand tu dormais
Noué à mon flanc


dimanche 29 décembre 2013

Errance nocturne




Chaque pas que je fais
Dans les rues de ma ville
Tatoue sur les trottoirs
Les places les chaussées
Ma mémoire pointilleuse
Qui marche à pas chassés
Et fuit les regards torves
Des passants éclopés
Des mots
Impotents auxquels jamais il ne dit
Ces folies éphémères
Dans nos rues dans les nuits
A leur insu
Mes souvenirs
Sont trésors
Que j’imprime le soir
Sur les places les chaussées les trottoirs