dimanche 30 mars 2014

Partir




Partir dans toi à la conquête de tes mondes
Libre des courtisans de tous les pourfendeurs
Sourde au déchaînement des sinistres facondes
Partir seule avec toi pour conjurer mes peurs.

Libre des courtisans de tous les pourfendeurs,
Mon errance saura révéler l’innocence
De tes yeux, amoureux de languides torpeurs,
Et éclairer tes mots de son incandescence.

De tes yeux, amoureux de languides torpeurs,
Jailliront les secrets de ton violent désir,
Délivrés par ma voix des miroirs enchanteurs,
Pour toujours crucifiés aux portes du plaisir.

Pour toujours crucifiés aux portes du plaisir,
Tes fantômes blessés oublieront leurs frondes,
Et ton cœur m’ouvriras pour me mieux voir partir
Partir dans toi à la conquête de tes mondes.


mercredi 19 mars 2014

Alternatif



Poèmes
Nourris au tungstène
Qui ont foudroyé
Un cœur révolté
Violent ampérage
Ils m’ont entravée
Sur leur chaise
Électrifiée

samedi 8 mars 2014

Desiderata chroniques




Au long des heures de nos nuits de toujours
Tu voulais t’enfuir
Voir ce que les autres
Jamais ne voient
Toucher l’invisible
Caresser l’ineffable
Baiser des mots nus
T’enfouir dans l’infini
Des soleils extasiés sur des aubes ravies
Des colonnes de porphyre et d’azur sous leurs cieux délavés
Des langues rouges crevant la noirceur du bitume
Des étoiles d’albâtre enlacées au corps vert de la nuit
Des tunnels irisés de corail noués à la vague d’un lit obscur
Tu voulais des ailleurs impossibles
Et entendre
Le battement de tes ailes
Dans le vaste espace déployé par tes mots

 

samedi 1 mars 2014

Cycle



Je rêve que je rêve
Que je rêve avec toi
Que je suis contre toi
Que je suis tout contre toi
Que je suis ton pas
Que tu ne me sèmes pas
Que tu ne me repousses pas
Je rêve que je rêve
Que je rêve que tu rêves
De moi

vendredi 14 février 2014

Nacarat



En ce temps-là les heures coulaient comme l’eau du rêve
Les lendemains avaient ce goût subtil de feuille nue
Dans ma tête chantaient des poètes nouveaux
Et les lunes croissantes jamais ne pleuraient
L’opale fêlée des jours malheureux
Février exposait ses délicats rameaux
Embryons de pétales
Sans cœurs ballons bouquets
Février sur des doigts embrassés
Comme un frêle duvet
Mutin
Symbole de promesses
Et de mêmes matins
Février n’égrenait nul
Pas solitaire
Le long d’une voie délaissée
Février frémissant
Avait l’éclat incarnat
D’un amour serti de grenats

dimanche 9 février 2014

Toxique



soigneusement refermer
le couvercle
des souvenirs
ne pas les laisser
s’échapper
pour encore
les remâcher
boulimie
d’eux
m’empoisonner
de leur suave saveur
botulique


lundi 27 janvier 2014

Sourire




Au creux de moi
Grand nénuphar
Aux feuilles fripées
Ton sourire
D’autrefois